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  • Yves Yger

Les eaux de mai

Traversée de la montagne de l’Echarasson étreinte par le froid. Le brouillard est repu d’une pluie fine que les arbres accumulent : à son passage ils la relarguent en cascatelles sur le passant, qui doit tracer patiemment son chemin en guettant les ramures des sapins qui ruissellent, les clairières propices, et la terre qui se dérobe dans les fondrières. Jeux d’eaux de Ravel et de ravines. Indispensable eau de mai, Alors que les conditions sont rudes, cet ondoiement matinal semble comme une épreuve nécessaire, un rideau nécessaire qu’il faut franchir pour aller plus loin. Vercors est invisible, infini, loin des hommes. Le pays sans horizon. « Lente altitude », indique un panneau : ici, même la géographie est donc ralentie. En vérité « Lente » est le nom du hameau où je dormirai ce soir, où je dois retrouver mon ami Jérôme.

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