• Yves Yger

Parti !

Parti! J’ai fermé la porte de ma maison ce matin et descendu l’escalier. Malheureusement, je n’ai pas pu saluer le Mont Granier, tant il était encore englué dans les nuages de sa nuit. Dommage. En compagnie de ma chère Marie et de mon amie Stéphanie, ma comédienne -metteur en scène-mycophile préférée, nous sommes portés sans effort par les sentiers et les prairies qui suivent rivière Cozon, jusqu’à ce qu’elle embrasse le Guiers Vif à Saint Pierre d’Entremont. Deux heures de printemps frais, et puis quelques morilles en cadeau. Leçon : il faut que l’œil se fasse à l’exercice ! Autant je sais repérer les craterelles à l’automne, autant au printemps je suis béotien et balourd question morilles. Stéphanie, elle, a cette intuition de l'enfance, cette clairvoyance, cette lecture des talus et de la caillasse à rendre jaloux un prétendu fieffé naturaliste ! Allez, assez de ridicule ! Il suffit ! Ah mais ! Il est temps désormais de nous arracher du fond de la vallée, avec Marie seulement, mille mètres de dénivelée d’abord vers le château, puis vers le Col de Bovinant encore mortifié dans l’hiver minéral. Pas de vie encore là-haut dans le vallon des Eparres. La neige est lourde, sale, et la trace s’égare. Quelle belle connivence pourtant que de marcher ensemble vers le col. Epuisés, heureux. La cabane, enfin. Redescendre vers le Monastère par la forêt des péristyles, là où, comme les séquoias en Californie, les épicéas touchent le ciel. Saint Pierre de Chartreuse. Marie s’en va. Reste l’Amour. Le Ventoux en sera le Phare.






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