Charrette ou sac à dos ?

Le monde se partage en deux, ceux qui portent et ceux qui tirent. Pour ma part, si j’ai longtemps porté de lourdes charges dans ma jeunesse randonneuse, il vient un temps où l’on se dit que la mortification suffit. Malgré le brillant argumentaire technique des marchands de sacs high tech, je sais par expérience qu’à la fin d’une journée de marche, le cisaillement des bretelles ergonomiques 3D mousse polyester pourtant « spéciale » ( !), sur mes épaules contuses, le lent labourage du bas du dos par l’ignoble cilice de l’armature, auraient plutôt tendance à m’inciter à lâcher la randonnée pour d’autres activités telles le scrabble ou le scrapbooking. C’est pourquoi, pour cette traversée monstrueuse, j’ai abandonné la tribu des porteurs pour celle des tracteurs.

D’où le choix d’un équipement adéquat, le chariot de randonnée dénommé « Carrix », fruit des amours improbables de la pullka nordique et de la valise à roulette. Le matériel est suisse, et présenté comme ayant la fiabilité d’une horloge. Les premiers essais sur les chemins de Chartreuse sont assez concluants. Il faut certes apprendre la manière de charger l’engin : c’est important car même si l’équipement est le plus sobre possible, je dois transporter le matériel nécessaire à la confection de l’herbier, le matériel destiné aux animations, le matériel photo et de communication. Il faut apprendre à contrôler l’appareil, jouer avec son centre de gravité de manière à garder une belle trajectoire, éviter les basculements et retours intempestifs des brancards dans les cuisses, mais finalement on apprivoise assez facilement la machine.

Dans moins de cent jours, ce sera l’heure de vérité sur les chemins de France ; on verra si le bel harnachement répond aux espérances, et si la traction universelle fait bouger le monde…

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