J'irai à Nohant

J’irai à Nohant. Comme un sommet qu’on atteint, dérisoire et sublime. J’irai porter au jardin de George Sand quelques fleurs fanées du jardin des Charmettes, en témoignage inutile, infimes scories d’un monde oublié. Marcher dans l’ombre des génies, se souvenir que certaines, certains, ont osé parler de liberté, des flammes fragiles dans l’obscurité des temps anciens.

J’irai à Nohant, comme on rend visite à une vieille tante sans doute malade, qui sent le miel, vous sort des biscuits d’une boite en ferraille, et tient parfois des propos bizarres et rassurants.

J’irai à Nohant, pour vérifier qu’au moment de midi, le soleil est doux et vous chauffe les épaules, et que le temps s’arrête, comme dans une photo en noir et blanc des années cinquante.

J’irai à Nohant parce que Chopin.

J’irai à Nohant, parce j’aime dire ce nom à haute voix, cette négation étrange qui mêle les mots, les vouivres et les eaux noires, et qui nasille comme un gonflement de cornemuse.

J’irai à Nohant parce que l’amour.

Parce que liberté.

J’irai à Nohant. C’est certain.

Apporter quelques pervenches,

Dérisoires, essentielles.

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