Ouf, Le Rhône, enfin !


J'ai si longtemps rêvé du Rhône ! Sur cette partie du Chemin de Compostelle, ces trois jours ont été éprouvants : la canicule qui s'est installée après la pluie, si elle fait souffrir le marcheur à roulette, est plutôt bénéfique aux plantes immobiles ; de la terre des champs labourés sourdent des odeurs d'eau qui s'évapore ; dans les bois, les fougères déploient leurs crosses en urgence, les menthes se dépêchent de fleurir (la Saint Jean approche!) Il est essentiel que tout s'ordonne pour l'immense fête. J'observe.


Je vois que sur les chemins, les plantes prétendument invasives sont bien discrètes : ici on ne les trouve que sur les bords d'autoroute, surtout avec les tags et les canettes de bière. Les papillons et les libellules se font rares, terrorisés par les herbicides des céréaliers et arboriculteurs. Mais il y a encore une belle diversité dans les sous-bois.


L'arrivée sur le fleuve est interminable et sans intérêt : il faut franchir des rails de sécurité (très pratique avec une chariote), marcher en bordure de voies rapides. On imagine pourtant le nombre de commissions, d'experts, qui ont conçu ces tracés à risque, pourtant validés par les hautes administrations. Triste place laissée aux marcheurs (et VTTistes) dans un monde automobile triomphant : un irrespect total pour les autres utilisateurs du paysage.


Ces quatre jours ont été menés à trop vive allure, je vais maintenant prendre plus de temps pour observer davantage, pour savourer ce parcours et ces rencontres qui commencent demain à Pélussin.




Yves Yger

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