Philae


Rude journée : 10h de parcours sur un terrain assez accidenté. Le franchissement des vallées de la Sioule, du Sioulet et du Tourdoux impose des descentes, et surtout des remontées assez athlétiques. La forme revient progressivement et le rythme est assez bon. Mais ils avaient raison, les randonneurs aguerris qui m'avaient conseillé de ne pas dépasser 25 km par jour... J'en suis souvent à dix de plus... Cyrano, encore toi ?


Heureusement, dans les moments difficiles, les arbres sont souvent là.

Les hêtres rassurants et protecteurs, avec leurs troncs en grosses pattes d'éléphants, comme une armée figée dans la pente, dans l'attente qu'un hypothétique Hannibal de la forêt leur lance un ordre de marche.


Les chênes, assez sûrs d'eux-mêmes, voire un peu suffisants, les ignorent. Ils ont certainement plein d'histoires à raconter, mais il faudrait attendre, car ce sont eux qui décident. Ce soir, pour en avoir le cœur net, j'ai planté ma petite tente sous un chêne, afin qu'il m'instille un peu de son énergie.


Je soupçonne cet arbre d'être assez peu terrestre. Si on observe bien, on constate que le relief de son écorce dessine des reliefs assez surprenants, plus proches des photos prises par la sonde Rosetta sur Philae que de représentations botaniques. À moins qu'un ingénieur en sciences spatiales n'ait trafiqué les clichés et incorporé des images d'écorce de chêne dans ses logiciels de traitement d'image, ce qui, dans ce monde d'imposture, est finalement possible. Ce soir, j'entends les grandes branches de chêne qui dansent dans le vent du Massif Central, et je suis sur Philae, ou sur Sirius.


Et cela me comble d'aise. Demain j'arrive en Creuse, pays de mon enfance heureuse.


Yves Yger

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