En marche...?

Samedi matin, je pars en direction du Sud, pour ma "Diagonale occitane", à la rencontre des herbes, des gens et des arbres.

Je vais marcher de révolte et de colère, celles qui montent et vous envahissent l’esprit, et vous obligent forcément à vous lever en pleine nuit pour écrire. Cette traversée de la France n’est pas une randonnée ordinaire, un divertissement agreste ni une gracieuse performance d’ilote. Elle est mon ermitage, ma grotte et ma mutinerie. Assez de cette vie sage, peuplée de rêves et de misères, de ces chimères de triste funambule sans filin ni corde. J’exerce aujourd'hui mon droit de retrait des convenances et des obligations. Je me retire et pars en solitaire par nécessité vitale, pour crier le malheur et la beauté du monde, pour me vautrer dans la fange des fossés et des mousses, pour m’abreuver des premiers matins du monde - tant qu’il en reste !-, comme un acteur égoïste qui sait que c’est peut être sa dernière tournée.

J’ai fringale de tous les excès, de tous les parcours interdits, de toutes les rencontres imprévues et superbes, et je veux rendre compte de cette furieuse et indispensable ivresse par les mots et les images de cette chronique. Je sais déjà que les étapes seront trop longues, qu’il y aura tant de fatigues, que je maudirai les bois et les cailloux, et pourtant je m’en vais léger, vers les sourdes douleurs.

« Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! » chante Rimbaud.

L’époque est tourmentée chaque jour par les haines : je veux donc m’élever, monter en douce transe vers cette exaltation du pas qui se répète, tel un indispensable mantra. Le but n’est pas de me rapprocher de cette Nature avec qui je prétends converser depuis tant d’années, il est de me fondre à l’intérieur, d’entrer dans ce chant général du monde, d’être le choriste des sources et des tempêtes, et d’en rire , et d’en dire, et d’en pleurer.

"En marche..." dites-vous ? Le titre est déjà pris ? Ah bon...

Comme en arbre en voyage, je m’en vais sur les chemins.

Comme un arbre en voyage, je vous aimais demain.

Départ samedi 29 à 10h, Rendez-vous à Chambéry, au musée des Beaux Arts (Quai des Arts), pour quelques pas dans le Parc du Verney

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