Le Bouquet de Bethléem


Promenade sur le Mont Bouquet, le bien nommé, en compagnie de Marie, ma femme, qui m’a rejoint pour le week-end.

Sur ce haut promontoire sacré, cette vague de garrigue entre Alès et Uzès, nous découvrons une flore variée et assez fascinante : intrigantes euphorbes, champs entiers de belladone maléfiques, corbeilles de silènes rassurantes, gueules de loup pourpres, discrètes tulipes sauvages, astragales de Montpellier, gerbes d’aphyllantes, évidemment… se répondent en une beau concert.

Et tout près du sommet, près de l’oratoire, quelques ornithogales éclosent en notes claires dans la caillasse éclatée.

L’ornithogale, la dame de onze heures, ma dame consolante, mon étoile de Bethléem, celle que je viens toucher, comme Cabrel, quand « il n’y a plus que des murs en face de moi ».

Avec laquelle je fabriquerais, si j’avais apporté mes verres en cristal et cueilli un peu d'eau à la griffe d’une source sacrée -certainement bien rare dans ce paysage ! -, un élixir à ma façon, où j’emprisonnerais tout son pouvoir de paix et de réconfort. J’aurais alors fabriqué l’instrument idéal propre à réparer les âmes blessées, panser les brûlures de la vie, et les chagrins infinis.

Pas de hasard.

J’écris ces mots et j’entends non loin de moi un ancien enregistrement du contre-ténor Dominique Corbiau, qui interprète une œuvre de Cyril Orcel. Ne pleure plus, je te donne tout cela, toi qui a tant souffert.

La musique, comme les fleurs, comme les arbres, essentiels pour ravauder les déchirures.

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