Cheminot des Herbes ?

20/05/2017

 

Une journée entière de repos à Lamalou les Bains, villégiature ambiance thermale et Napoléon III, charmante et désuète à la fois, comme un décor de Labiche.

Je pressens que le théâtre, certainement velours rouge et ouvreuses à foulard, accueille en saison des tournées de spectacles parisiens. Précieux vestige des temps heureux et presque disparus.  L’orphéon joue-t-il parfois sous le kiosque à musique ?

En ville (si l’on peut dire…), mines pâles, médaillons, seniors bien mis et visiblement habitués, carte Vitale et déambulateurs, sont de sortie, et le rythme de la vie se fait au gré des cures de 23 jours et des voyages en taxi. Les gens qui accueillent, autant à l’hôtel Belleville, à la quincaillerie, à la pharmacie qu’à l’office de tourisme, sont fort agréables. Il est vrai que ma présence  un peu étrange, avec ma chariote, mes gros brodequins et mon allure fourbue, démarque un peu …. Ma dégaine un peu bancale au démarrage, liée aux éreintantes cavalcades dans la montagne ces derniers jours, pourrait d’ailleurs laisser penser que moi aussi, je fais partie de la tribu des Tamalous, si bien chantée par Yvon Etienne et son délicieux groupe brestois « Les Goristes », et que je viens ici reprendre quelque énergie par la vertu conjuguée des jets d’hydrothérapie et des demoiselles des bains. Dommage. Je prends note pour une autre fois.

 

Pour l’instant, je dois demain emprunter pendant deux jours ce longue allée parfaite qui partant de Bédarieux va vers Mazamet (j’adore ce nom, à la fois de vieille demoiselle, d’aéroplane et de gaufrette) qui a remplacé l’ancienne voie de chemin de fer. Une fort belle renaissance du patrimoine, où la randonnée est tranquille et rapide, entre ouvrages d’art, villages perchés, arches de pierre harmonieuses, maisons de garde-barrières, viaducs type Eiffel et tunnels magiques, où la lumière s’allume quand on y pénètre.

J’entends la musique cliquetante de la locomotive et les gueulantes des mécanos, je sens partout ces odeurs germinales de charbon, de vapeur brûlante et de graisse mêlées, connues par bonheur dans ma jeunesse à Paris Saint-Lazare. La mémoire des lieux, l’honneur du travail des hommes qui ont construit tout cela – ça vaut bien le Pont du Gard ! -, la fumée qui envahit les tunnels, les gens qui vont à la foire, les

nfants qui partent à la guerre, et le fil du train qui passe et change la vie.

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