Mon Comminges-out

14/06/2017

 

 

Un matin de juin à visiter la basilique de Saint Just de Valcabrère, puis, un peu plus tard, montant sur la colline inspirée, la cathédrale de Saint Bertrand de Comminges. Venant de Barbazan, étrange cité thermale où l’on a fermé la source mais gardé le casino, s’y rendre à pied permet de se remettre les idées en place et de s’ajuster au rythme explicite du moyen-âge. D’habitude, les visites touristiques m’ennuient profondément : ces parcours imposés, figés dans des représentations attendues et parfaites, ne laissent que peu de place à l’émotion. De plus, la foule des visiteurs tue le plus souvent ce qu’elle vient rechercher. Tout devient décor, icône prévue, dépliant sur papier glacé et grande lassitude.

Il y a heureusement aujourd’hui peu de monde.

 

Valcabrère, comme un mausolée dans la plaine, où l’on venait prier sur le chemin de Compostelle, construction romane primitive avec des pierres romaines, corolle de toitures complexes comme byzantines, reliquaire de saints oubliés, pourvoyeurs de miracles et de protections sacrées.

Saint Bertrand, beffroi surplombant son territoire, roman empilé de gothique, enveloppe d’une autre église intérieure, toute en bois sculpté : j'erre seul au milieu des stalles et du cloître, écoutant le Chant puissant du Travail des Hommes, contemplant les orgues et les colonnades, respirant et m’inspirant des enchevêtrements végétaux des chapiteaux. Si je le savais, j’essaierais de prier.

Au moins, j’aurai touché un peu de ferveur.

 

Il était temps. Demain, ce sera ma dernière étape.

Foncer vers l’ouest, encore.

J’ai dormi ce soir sur la lèvre de la Neste d’Aure, au village du Lordet atteint après une étape interminable et folle. Pas d’hébergement : il faut avancer, rouler, grimper un petit col, puis s’abattre finalement vers le lit de la rivière qui gronde. Planter une dernière fois la petite tente, au plus près de la violence bruyante du torrent, comme un soir, il y a deux ans, lové contre le lit de la Loire monstrueuse et calme. La nuit remue de galets roulés et de cataractes horizontales, de cauchemars liquides et recherchés.

 

 

Pour fermer les guillemets de ce parcours qui s’achève demain, j’ai eu besoin d’une brutalité qui cogne, après tant de solitudes muettes.

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