Banal song

21/05/2018

Déjà plus d’une semaine depuis mon départ, et j’entre, comme je le craignais, dans mon pot au noir, la région intermédiaire du sud Bourgogne. 
On ne peut chaque jour vivre l’exceptionnel. Après déjà tant de forts pays traversés, tous avec leur singularité : montagnes de la Savoie et du Jura, étangs de la Dombes, puissante vallée de la Saône, vineux Côteaux du Mâconnais et hier, monastique Cluny, en marge de l’histoire, il fallait bien que ça s’arrête.

 

 Le sud de la Bourgogne, ici, parait bien terne ce matin et ses chemins s’ennuient. Au gré des mols paysages de bocages peu vallonnés, des forêts banales et un peu tristes où les robiniers neigent en abondance, des petits villages où le banal semble élevé en valeur de référence, et d’assez riches pâtures où des vaches charolaises désoeuvrées -carpe diem- ne pensent pas à leur avenir (et elles ont raison !), le promeneur à roulettes attend que les kilomètres passent et que les talus défilent.


Il en sera ainsi jusqu’à ce que j’arrive en Morvan, dans 3 jours, et je dois adopter la zen attitude, la philosophie de l’acceptation. Je suis certain, pourtant, que ce pays recèle aussi des trésors, et qu’on peut y vivre heureux ; d’ailleurs tout un groupe de hardis et sympathiques randonneurs mâconnais, qui me double vers midi, en vante les mérites.

 

Sans doute suis-je bien difficile dans mon appréciation, et la fatigue liée à des étapes un peu trop longue corrompt-elle mon jugement.

Ou alors est-ce la faute à Lamartine ?
Il faut que je traverse le bassin de Montceau-Les-Mines au plus vite, deux jours devraient suffire, pour passer à autre chose, dépasser la morosité, et clore ce premier acte. Je pense à Vézelay, encore si loin, qui m’appelle et me renforce. Je pense au linteau de l’abbatiale de la Pierre qui Vire, taillé peu après la dernière guerre par l’architecte Jacques Eynard, aujourd’hui oublié, et dont je veux vérifier, en fidélité mon oncle, son ami l’artiste-peintre LOUIS-ROGER, si l’œuvre est toujours en place, comme une borne sur un chemin qu’il faut toucher pour aller plus loin. 
C’est étrange, quand-même, de penser que la construction de cet itinéraire, au départ comme une ligne virtuelle dont l’alignement des Saint Michel et le discours autour des plantes étaient des prétextes, m’a conduit, au fil des rencontres et des hasards, à être invité ou conduit dans tant de lieux sacrés, ou plutôt « inspirés » : Ambronay, Cluny, et bientôt, La Pierre qui Vire, Vézelay, Tuffé…Oui, les moines savaient bien choisir, et je me suis laissé conduire, moi qui ne crois pas au Bon Dieu, mais qui admire la Nature, le Monde, et les hommes qui savent, qui créent et qui caressent le ciel.

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