LE NIRVANA

LE NIRVANA


Pour toucher le nirvana,

Je sais comment vous garantir,

Même sans bhagavad gita,

La vraie recette du plaisir.


Réveillez-vous avant matines,

Et soignez votre bonne mine !

Il est bien mieux d’être bien mis

Quand on extrait les gens du lit…

Allez sonner la boulangère.

Soyez courtois : « Bonjour ma chère !

Donne-moi donc quelques croûtons,

Du pain rassis ou des quignons ! »


Si elle râle pour sa nuit courte,

Dites-lui, « ma petite louloute,

Je te convie à mon festin,

Ce soir ou, si tu veux, demain »

Si la marchande hèle son époux,

Piquez les miches, et sauvez-vous !


A la maison, frottez de l’ail

Sur vos tartines de canaille.

Puis rendez-vous chez le voisin,

Au poulailler, pour le larcin.

Secouez les poules, piquez les œufs,

Quand ils sont frais, c’est beaucoup mieux !


Allez à la charcuterie

Avec en poche quelques radis.

Il faut bien que les commerçants

Gagnent leur vie de temps en temps !

Une tranche de lard fumé,

Pour un euro, c’est bien payé !


Puis dans la plaine de Grenoble,

Vous chercherez un moulinier :

Vous savez bien, ce métier noble !

Il presse des noix écrasées

Pour faire de l’huile de qualité.

Dites-lui votre admiration,

Et pendant que vous plaisantez,

Escamotez-lui un flacon.


Là, vous avez à peu près tout

Pour composer votre salade.

Mais ne manque-t-il pas, selon vous,

Quelque chose pour passer à table ?

Le pissenlit, la dent de lion,

Tu le devines, mon cher malfrat,

Est exigée pour faire ce plat !

A toi donc de passer à l’action :


Prends tes lunettes et ton couteau,

Un vieux panier et des appeaux.

Marche dans l’herbe de la prairie,

Et de la plante imite le cri.

Et tu verras sortir de terre

Le meilleur des mets populaires.

Pour apprécier le plein délice,

Sélectionne les blanches cuisses !


Cueillette faite, à la maison !

Faire cuire les œufs, pas trop ardu…

Trancher le lard en fins lardons,

Mettre en morceaux le pain qui pue,

Un filet d’huile des voleurs,

Sel et poivre, selon l’humeur

Et tu seras au Paradis,

Tu vois bien, je te l’avais dit !


Ah, j’oubliais, encore une chose !

Si par malheur, le boulanger

Dans ta courette, pointe son nez,

Un verre de vin tu lui proposes.

Et s’il dégaine son tromblon,

Dégage vite fait de ta maison !


Le Pissenlit Taraxacum sp.

à la station du Granier, ENTREMONT LE VIEUX (73), le 3 mars 2021

(c) Texte et Photos : Yves YGER, mars 2021

Toute reproduction à but commercial interdite.

Merci à Marie.


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