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PROPOS DE GLANDS


Depuis la ville de Thiers, les collines s’alanguissent, puis se font peu à peu plaine ennuyeuse ; je craignais ces deux étapes de transition jusqu’à Clermont-Ferrand, entre Forez et chaîne des Puys : je flairais le monotone, je pressentais ces terres noires et grasses, ces longues lignes droites où l’invariable pluie fait se dissoudre l’esprit avant qu’il ne somnole.

Fichtre ! La brûlure du sac sur les épaules ramène vite à la réalité… Peu de variétés botaniques remarquables, si ce n’est d’admirables berces aux généreuses inflorescences. Le chemin croise quelques beaux bosquets de chênes, où s’est invité le mélampyre, cette plante parasite dont chaque printemps j’oublie le patronyme. Répétez ce nom : Mélampyre ! Il est beau comme Pâris, arcadien, vénéneux. Et partout de jeunes plants de rouvres enveloppent l’humus : il est connu que la production des glands est plus importante une année sur deux, stratégie végétale en réponse à la goinfrerie des sangliers. Mais la grande sécheresse de l’an dernier a stimulé plus encore cette « glandée », comme si les arbres voulaient se défendre contre le stress et le risque de mort par une natalité plus intense. En cette fin de printemps, favorisée par l’ondée, la poussée des jeunes chênes est spectaculaire ! Il en restera peu après l'été, finalement, mais statistiquement, l’espèce s’en trouve protégée : « Intelligente » adaptation aux dangers nouveaux ! Mais le phénomène a ses- limites : à force de mettre tous ses efforts à tenter d’engendrer pour survivre, on s’épuise ! Quand je pense que certain(e)s réclament le droit de glandée… !



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