ROUSSEAU POUR DES PRUNES




« Il vaut toujours mieux trouver de soi-même les choses

Qu’on trouverait dans les livres », a écrit Rousseau.

Sans le vouloir, la fraicheur de l’air, je suppose,

M’a ramené encore une fois sur ce coteau,

Aux Charmettes, où Jean-Jacques découvrit la Nature.

J’avais le cœur, ce matin, en littérature.


Tout sommeillait encore dans le jardin de brume.

A peine une pervenche, dans son écrin de glace,

La fleur du Philosophe, plus que jamais vivace,

Comme un précieux repère, une bonne fortune.


Un peu plus loin, était un arbre magnifique,

Un prunus, sans nul doute, mais qu’il est difficile

De distinguer l’espèce, sans caractéristiques,

Ni les feuilles, ni les fleurs, ni calice, ni pistil !


J’approchais : la frondaison était dégarnie.

On aurait pu croire qu’il n’y avait pas de vie :

Des fantômes de prunes oubliées dans les airs,

Des branches squelettiques endormies par l’hiver.



Mais en regardant mieux, revenait le sourire,

L’envie de chanter, et la fougue du désir.

Au bout des vieux rameaux, des bourgeons étaient nés :

Rousseau était vivant, et j’étais enchanté !


Viens avec moi, mon cher promeneur solitaire !

Apprends-moi à serrer les fleurs, faire un herbier,

Dire leur nom latin et, sans oublier Voltaire,

Voir en la Botanique, chemin de liberté.


Pour quelques prunes sèches, j’ai donné mon Littré,

Dans un jardin en pente, ce onze février.


Un prunus, Prunus sp

La pervenche, Vinca minor L.


Au jardin des Charmettes , Chambéry (73) le 11 février 2021

© Yves YGER février 2021, site : www.lechemineaudesherbes.com

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