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DOURVEN

Le chemin n’a qu’une parole, qui mène à la maison de la rive. J’entends au loin leurs cris. Des hommes ont vécu ici qui veillaient sur les marées, sentinelles des jusants et des vaines conquêtes. J’arrive en embuscade, des siècles trop tard, par les mots de mousses et brindilles fraiches, et m’aventure en badaud entre cyprès des lointaines Amériques et pins maritimes. Marin de forêts, ne descends pas, tel un Don Juan de lassitude, jusqu’au feston de pierre. Reste à portée des ombres des grands arbres, puis doucement, tout doucement, immisce-toi sous leur cortex. Les mots sous l’écorce sont de silence et de paix. Les soldats sont morts et les arbres sont grands.

A la pointe de Dourven, en Tredrez-Locquémeau, le 16 décembre 2022 Texte et photos (c) Yves YGER


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