LA SUPPLIQUE DU GENEVRIER


L’accent sur mon « é », est la question véritable.

Faut-il le poser aigu, grave ou circonflexe ?

Ca, pour m’identifier, vous êtes fort capable,

Mais pour écrire mon nom, je vous sens bien perplexe !


Cette question d’orthographe vous parait un obstacle.

Mais j’aimerais qu’on chante mes justes qualités,

Moi qui servis les hommes depuis l’Antiquité :

Dans mes vapeurs à Delphes, Pythie faisait l’oracle !


Je suis médicinal, in naturalibus,

Pour mes vertus toniques, cela est avéré.

Mais gare ! Je suis de la famille des Cupressus :

Soyez prévoyant, car je rends les culs pressés !


Vous, messieurs, manquez souvent de reconnaissance,

Car je sais alléger vos soucis de miction.

Lorsque vos prostates entrent en désobéissance,

Je suis sans me vanter, une des solutions.


Avec mes drôles de fruits, que l’on appelle galbules,

Je suis carminatif, pour dire en vérité,

Qu’en toute discrétion, j’interdis qu’on flatule.

Bref, allons, soyons francs, j’empêche de péter !


J’accompagne gibiers, ris de veau et rognons,

Les civets, gibelottes, et autres bourguignons.

Mais mon meilleur associé, c’est sans aucun doute,

La gloire de l’Alsace, la fameuse choucroute.


Cela ne suffit pas, qu’on me classe comme épice !

J’ai d’autres aptitudes, que celles de la cuisine.

Vous alliez partir, mais je connais bien vos vices !

Allez, Santé ! C’est avec moi qu’on fait le Gin !


Alors, notez, mon nom porte l’accent aigu.

C’est uniquement quand on parle de genièvre,

Qu’on met un accent grave, c’est maintenant connu.

Pas une raison de plus pour y tremper vos lèvres !



Le Genévrier, Juniperus sp

au Col du Granier (73) le 14 février 2021

© textes et Photos : Yves YGER, février 2021






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